A quoi sert la glaire cervicale ?

glaire cervicale

La glaire cervicale est un outil précieux de connaissance du cycle.
Elle nous donne des indications pour savoir dans quelle phase du cycle nous
nous trouvons. Apprendre à la reconnaitre : absente, collante, glissante,
c’est savoir si on est en période fertile ou non. Et si on sait bien la lire,
elle peut nous aide à détecter des déséquilibres hormonaux.

La glaire cervicale est un mucus sécrété par les glandes du col de l’utérus des ménarches (premières règles) à la ménopause. Elle est dépendante des taux hormonaux d’oestrogènes et de progestérone. Elle est produite selon le taux d’œstrogènes que produisent les follicules en maturation dans les ovaires. 

Petit rappel de la fenêtre de fertilité chez la femme

La fenêtre de fertilité s’étend d’environ 5 jours avant l’ovulation, jusqu’à 12-24 heures après.

Pourquoi 5 jours avant ?

Car les spermatozoïdes ont une durée de vie de 5 jours. C’est justement la glaire cervicale qui les garde au chaud et les nourrie.

Pourquoi 12-24 après ?

Car l’ovule vit entre 12 et 24h dans la trompe s’il n’est pas fécondé. 

Une femme peut donc tomber enceinte seulement 6-7 jours au cours du cycle 

Quelles sont ses missions ?

En période fertile : 

  • Filtrer les spermatozoïdes de mauvaise qualité, ce qui augmente les chances d’une conception réussie.
  • Escorter les spermatozoïdes jusqu’à l’ovule, leur permettant de se faufiler plus aisément. 
  • Garder les spermatozoïdes au chaud en attendant l’ovulation. Les nourrir et les protéger de l’acidité du vagin pour leur permettre de survivre plus longtemps et ce jusqu’à 5 jours.

En période infertile : 

  • Barrer le passage aux spermatozoïdes pour éviter une nouvelle fécondation. 
  • Protéger contre les agents pathogènes en formant une barrière naturelle, sous la forme d’un bouchon pâteux au fond du vagin (au niveau du col de l’utérus).

Comment la reconnaitre ?

La qualité et la quantité de glaire cervicale varient selon les phases du cycle et donc selon la dominance hormonale (œstrogènes ou progestérone).

Après les menstruations

Après les menstruations et pendant l’entrée en période fertile, l’aspect de la glaire passe de  blanchâtre (voire jaunâtre comme du houmous) et très peu étirable à blanche, crémeuse, laiteuse, un peu plus étirable. Au niveau du ressenti, on peut commencer à se sentir humide.

Près de l’ovulation 

Lorsque l’ovulation est imminente, la glaire cervicale devient plus liquide et visqueuse. Elle ne colle plus et devient de plus en plus étirable. Le ressenti est encore plus humide, tirant vers le mouillé.

Quand l’ovulation est en cours, on assiste à un pic de glaire. Celle-ci devient abondante, transparente et filante. Elle peut s’étirer sur plusieurs centimètres, un peu comme du blanc d’œuf, ou du gel d’aloe Vera. Elle est sécrétée selon le taux d’oestrogènes produit par les follicules en maturation dans les ovaires. Plus les oestrogènes augmentent, plus la glaire est abondante. Mais pour certaines femmes, la glaire garder une apparence plus laiteuse ou encore être très huileuse. Tant qu’après le jour sommet (le jour où les ressentis humides et l’abondance de la glaire sont au max), la glaire est sèche pendant au moins 3 jours, on peut supposer que l’ovulation est passée. Niveau ressenti, c’est pour cela qu’on sent beaucoup plus « humide » voire carrément « mouillée » et lubrifiée. Lorsque l’on s’essuie aux toilettes, ça glisse !

En post ovulation 

Une fois la période fertile passée, la glaire change d’aspect sous l’influence de la progestérone, produite par le corps jaune. Elle redevient plus collante, pâteuse, sèche, cassante. Sa texture change, à la fois pour barrer le passage à d’autres spermatozoïdes (dans l’idée qu’il y ait eu fécondation) et protéger l’entrée de l’utérus de la présence de bactéries et autres pathogènes. Ici le ressenti au niveau de la vulve est plutôt sec.

Ne pas confondre avec les pertes blanches (ou vaginales) : Elles proviennent de l’auto nettoyage du vagin et qui s’effectuent naturellement chaque jour, CEPENDANT s’il y en a trop cela doit nous alerter.

A savoir, qu’elle n’est pas facile à observer sous contraceptif hormonal car progestatif de synthèse va déshydrater la glaire, et créer un bouchon collant, pour justement nous rendre infertile. 

Que dit la glaire cervicale sur notre santé ?

Une absence ou une quantité insuffisante de glaire peut nous indiquer plusieurs choses : 

  • Un déséquilibre hormonal avec la baisse possible d’œstrogènes,
  • Un stress,
  • Une déshydratation (la glaire est composée de protéines, de sels minéraux, mais surtout d’eau !)
  • La prise de médicaments (comme les antihistaminiques ou contraceptifs hormonaux).
    En travaillant sur votre hygiène de vie, il est possible d’améliorer la glaire cervicale. 

Cependant, des pertes anormalement épaisse ou odorante peut révéler une infection vaginale ou une perturbation du microbiote. Mais il s’agira ici d’un mélange de perte vaginales et de glaire.

Un changement important ou persistant dans la glaire nécessite un avis médical !

L’importance de noter ses observations

Maintenant que tu en sais plus sur les phases fertiles et infertiles et que tu connais l’aspect de la glaire au fil du cycle, tu peux commencer à t’observer et à noter tes impressions.

Tu peux noter ce que tu vois, son aspect, sa couleur, sa texture et ce que tu ressens (sèche, mouillée, lubrifiée …). Ce peut être dans un carnet papier, ou bien sur ton application de suivi de cycle (Moonly, Flow, Read Your Body …). Tu pourras ainsi observer ton cycle au fur et à mesure, et voir se dessiner des tendances au niveau des aspects de ta glaire et tu feras de plus en plus facilement le lien avec tes phases fertiles et infertiles.

Les limites de l’observation de la glaire

Lorsque la connexion cerveau – ovaire est brouillée

Il arrive que le dialogue entre le cerveau et les ovaires soit altéréCe peut être le cas des femmes ayant un cycle long ou bien en post pilule. On va alors avoir des tentatives d’ovulation qui aboutissent plus ou moins. En clair, l’ovulation a du mal se lancer et il y a plusieurs essais, ce qui allonge le cycle. La glaire peut alors changer d’aspect, revenir puis repartir et ainsi brouiller les pistes : de crémeuse voire filante, elle va finalement redevenir pâteuse et s’assécher pour redevenir quelques jours plus tard à nouveau transparente et filante. Il y a ainsi plusieurs faux départs, c’est ce qu’on peut appeller un « cycle yoyo ». 

Ce n’est pas un indice d’une ovulation qualitative

Une glaire bien filante nous indique que les follicules sont au travail pour fabriquer les œstrogènes. On sait donc en l’observant qu’il se passe quelque chose et que l’ovulation est imminente. Après le jour sommet, si la glaire s’est bien asséchée, on peut supposer que l’ovulation a eu lieu.
Reste à savoir si l’ovulation s’est bien déroulée au point que le taux de progestérone soit optimal pour maintenir l’équilibre hormonal.   

Mais alors comment savoir si on a ovulé de façon qualitative ?

Les indices de la symptothermie (méthode naturelle de suivi du cycle pour favoriser ou prévenir une grossesse) que sont l’asséchement de glaire cervicale, un col de l’utérus abaissé et une température corporelle augmentée de 0,3° à 0,5°, nous indiquent conjointement que l’ovulation a eu lieu. Son taux de fiabilité, est de 98,2% en pratique.
Mais seul un dosage sanguin de la progestérone à j+7 post ovulation (post jour sommet) nous apprendra si elle a été qualitative, c’est à dire un taux de progestérone supérieur à 15ng/ml. 

Si tu veux en savoir plus sur cette méthode d’observation du cycle, je t’invite à lire mon article à ce sujet.  

Votre corps communique avec vous chaque jour. Apprendre à observer et à comprendre la glaire cervicale, c’est honorer sa santé et son équilibre hormonal.